Semaine du 13 au 19 octobre (Julien, en direct des USA)
Cette semaine, la campagne à l’élection présidentielle a été marquée par le dernier débat qui a eu lieu en milieu de semaine. Ce mercredi, les candidats se réunissaient pour une ultime rencontre qui devait permettre aux indécis de faire leur choix. Ce sommet de la campagne, qui a été retransmis en direct par une dizaine de chaîne a également occupé les journalistes les jours suivants (jeudi et vendredi), mobilisant la une de l’ensemble des journaux des différentes chaînes télévisées et des journaux. Ce débat a fait bien plus couler d’encre qu’il n’aurait dû servir de clarification, et il a eu pour conséquence, dans les médias de
- durcir les positions des deux camps et l’image qui est véhiculée
- centrer le dialogue sur « les indécis » qui seraient le coeur de cible de ces dernières semaines
- mettre en avant les faiblesses de l’un et de l’autre, aussi bien sur le plan politique qu’humain.
La scénographie du débat
Cette fois, le dispositif était différent, puisque les candidats n’ont pas eu à affronter un public. La salle était plongée dans le noir et immobile et les candidats étaient assis à une table à trois côté avec le présentateur, qui gérait les questions.
Les plans étaient souvent des profils mis côte à côte afin d’observer les réactions de l’un au discours de l’autre, et le décryptage post débat de la physionomie de chacun a fait beaucoup parler certains médias.
Enfin, c’est le journaliste qui maîtrisait le débat, arbitrant un temps de réponse équivalent à chaque question pour chacun des candidats, puis une discussion dans laquelle chacun pouvait attaquer l’autre ou lui poser des questions. Le registre est plutôt resté dans le domaine de l’attaque
Les thématiques abordées
Durant ce débat, les questions classiques -relatives au programme- n’ont pas été posées puisque ça avait été le coeur des rencontres précédentes. Cependant, le plan de sauvetage et sa réalisation possible a été évoqué par chacun et critiqué par l’autre. C’est la première fois dans cette campagne que se livre un vrai dialogue où les deux camps se critiquent directement et pas par média interposé.
Au coeur de ces thèmes, le suivi de la campagne a également resurgi, avec des questions du journalistes concernant les insultes et les discriminations que chaque candidat a tenté de véhiculer sur l’autre, ainsi que des critiques des adhérents du parti envers le camp « ennemi ».
Enfin, une question qui restera dans les annales est celle relative au Vice Président, puisque le journaliste a demandé à chacun de commenter le choix de l’autre quant à cette figure de proue du futur gouvernement. Chaque candidat y a été de son petit commentaire positif pour mieux prouver que le vice-président de l’autre était moins bons.
Qui a gagné ce débat ?
C’était en tout cas le mot qui était sur toutes les lèvres, et le sondage le plus repris par tous les médias écrits et tv (et même ici au Canada) est celui de CNN qui a été fait juste après le débat : près de 58% déclareraient Obama vainqueur, tandis qu’un peu plus de 30% soutiendrait que McCain est celui qui s’en est le mieux tiré.
Pour les médias, McCain n’a pas renversé la vapeur en ce qui concerne l’écart favorable à Obama dans les intentions de vote, mais il a su se montrer offensif et reprendre du terrain sur un domain qui était plutôt le fort d’Obama : le sauvetage de l’économie et des budgets des ménages américains…


C‘est trop calme ... Je préfère quand c'est un tout petit peu moins calme.