J’imagine que la majorité d’entre vous prend le métro quotidiennement; vous avez sans doute remarqué la campagne RATP « Je prépare ma descente, je prépare ma sortie » ou« Une seconde perdue en station, du retard sur toute la ligne ». Que ces grands autocollants rayés et colorés nous apprennent la politesse avec pédagogie ou mépris (comme l’affirme la brigade Anti PUB, ndlr) là n’est pas la question. Aujourd’hui, penchons nous sur d’autres autocollants, de même forme, de même couleur, mais au message tout autre : « Ne pas se soucier de la politique, c’est la laisser décider seule ».
« Quel beau moyen de détourner un outil de communication » ai-je pensé en les lisant. Aussi, n’écoutant que mon courage (car il en faut), j’ai recontré un des initiateurs de cette campagne alternative. Pour Infrason, il témoigne :
Qui est à l’origine de ce moyen de communication détourné ?
Le CAID (prononcer Caïd), un groupe autonome qui mène des actions pour défendre l’avenir étudiant. Nous sommes « nés » autour du second semestre 2009, à l’origine du mouvement estudiantin contre la LRU.
Pourquoi CAID ?
Pour financer nos actions, pendant les mouvements contestataires et les grèves, nous vendons des sandwichs, dans un Caddie. Le Caddie s’appelle « le Caïd ». D’où notre nom.
Je comprends. Comment vous est venue cette idée de détourner la campagne RATP?
En fait, nous avons tous réagi contre la RATP et sa campagne « castratrice ». Mais plutôt que de simplement les arracher – ce que nous faisons au début, certes – nous avons décidé de les détourner. A l’origine, je voulais simplement « mettre plus de poésie dans le métro » mais très vite nous est apparu que c’était un moyen efficace pour politiser et informer les voyageurs de nos actions. Nous avons fait appel à des étudiants créatifs, et les autocollants étaient prêts à orner les vitres des rames.
Et le texte ?
Nous ne voulions pas refaire l’erreur du slogan, réducteur de la pensée, simpliste. Mais comment mettre du contenu sur un autocollant ? Nous avons écrit en gras l’idée principale, et le fond en caractères plus petits-sur le fond de l’autocollant.
C’est votre seule campagne de communication ?
Absolument pas. Notre ambition est de mettre en scène des opérations de grande ampleur, comme la fois ou nous avons peint « gREVE GENERALe » (le g et le e en plus petit, comme dans « rêve général ») en 3mètres sur 5 devant Beaubourg. Notre objectif est de communiquer auprès du grand public, cesser la « grève entre soi ». Pouvoir faire passer le message auprès du plus grand nombre pour cesser d’être perçus comme « les jeunes qui foutent le bordel ». Devenir « des jeunes qui foutent le bordel parce qu’ils ont leurs raisons, et voici lesquelles ».
Et la suite ?
L’avenir le dira…
Pour des raisons évidentes de confidentialité, notre interlocuteur a préfèré garder l’anonymat. Infrason le remercie vivement pour son témoignage.



C‘est trop calme ... Je préfère quand c'est un tout petit peu moins calme.