Subjectivité. C’est le mot qui pourrait définir la manière dont nous perçevons chaque situation que nous vivons, si infime soit elle. Et c’est bien sûr en fonction de ça que nous jugeons les films que nous allons voir.
N’étant pas une spécialiste ni une amatrice du cinéma français, et ayant entendu quelques « j’ai entendu dire que… » plutôt négatifs à propos du film, je suis allée à la projection de Mic Mac à tire larigot le coeur léger. Je ne savais pas à quoi m’attendre.
Il s’avère finalement que le film concilie ambiance imaginaire et problématiques actuelles avec une aisance surprenante. La qualité des images et de la bande-son rendent l’expérience intéressante. Mais au-delà, le film aborde des thèmes de réflexion divers et variés de manière originale et légère. Il est question du fonctionnement de la société: la futilité et la superficialité de nos vies. Quand on est absent, un autre prend notre place et on peut tout perdre, son appartement, son job, ses possessions matérielles. Tout ce qui reste finalement c’est l’immatériel. Notre vie est construite sur un équilibre précaire, et il suffit d’une minute pour que tout soit chamboulé.
Le pouvoir médiatique est également abordé: une mort médiatique est symboliquement plus forte qu’une mort physiologique. Enfin, le pouvoir politique: le film comporte quelques références directes à Nicolas Sarkozy. Jeunet, le réalisateur du film, ne s’engage pas dans des réflexions politiques dans ses films (son plus grand succès ayant été « Amélie Poulain »). Cette référence est en rupture par rapport à sa signature habituelle. Il aborde en tout cas la question de l’attachement politique aux grands industriels, qu’il décrit comme étant volatil et pose la question de la répartition du pouvoir: où se situe-t-il vraiment?
Sans tout dévoiler du film, l’utilisation de nouvelles technologies qui y est faite sous-tend l’idée qu’il existe une cybercommunauté solidaire qui est en réelle opposition avec l’individualisme dont font preuve les individus dans le monde réel. Si Bazil, le personnage principal, est devenu marginal et indésirable au sein de la société au début
du film, il trouve une place légitime sur le web. Ces deux visions du monde, qui sont en totale opposition, sont très bien captées par le réalisateur.
Nous pourrons bien sûr penser à quelques stéréotypes qui sont moins positifs (le côté Paris romantique et romancé, la touche « conte de fée », la tradition
nelle lutte des bons contre les méchantes brutes). Toutefois, le film nous fait voyager (dans le Paris que nous connaissons) et c’est ce qu’on lui demande.


Article intéressant sur le film. Cependant je ne suis pas d’accord sur certaines remarques, notamment sur le « web » et la « cybercommunauté ». A part le buzz, aucun sujet de ce type n’est abordé dans le film…